2020, année des plateformes SVOD
Sébastien Lachaussée et Elisa Martin-Winkel

Sébastien Lachaussée et Elisa Martin-Winkel

2020, année des plateformes SVOD ?

Les plateformes de vidéos à la demande ont progressivement pris une importance capitale s’agissant de la diffusion de contenus audiovisuels ou cinématographiques, et 2020 pourrait bien être l’année de leur consécration.

Plus particulièrement, la SVOD (vidéo à la demande par abonnement) connaît une croissance majeure et représente près de 80% du marché de la vidéo à la demande sur la période janvier-septembre 2019. Le pouvoir de pénétration de la SVOD a doublé en 3 ans, et plus de la moitié des 13-34 ans sans enfants de moins de 13 ans, déclarent avoir utilisé un service de VàDA au cours des 12 derniers mois. De manière générale, la SVOD séduit un public jeune.

Ce pouvoir de pénétration, se ressent en terme de chiffres d’affaire, et le marché de la SVOD a augmenté de 82,7 % en valeur en 2018, avec un montant de 455,0 M€. La prévision pour 2019 est une hausse encore significative avec un chiffre d’affaire de  802 M€.

Netflix et Amazon prime sont les plateformes largement en tête (65,5 % et 21,4% en octobre 2019) mais on retrouve également des plateformes installées en France telles que OCS ( 17,3%) My Tf1 VOD ( 14,9% ) ou les plateformes Canal plus ( Séries et VOD 12,9 et 12,1%).

La croissance des plateformes se reflète également en matière de production et en 2019 les plateformes de SVOD ont réalisé plus de 50 M€ d’investissement dans des créations originales françaises. Les investissements sont estimés à près de 100 M€ en 2020.

De ce point de vue, le lancement de Salto  la plateforme rassemblant France Télévisions, TF1 et M6 est attendue au premier trimestre 2020 avec un investissement annoncé de 50 M d’euros. Salto ne pourra pas proposer plus de 40 % de son volume horaire en contenus audiovisuels acquis auprès des maisons mères en exclusivité, garantissant des acquisitions de programme auprès des producteurs.

Les plateformes Netflix et Amazon prime vidéo engagent également des productions et coproductions en France. Les exemples de production française ne manque ainsi pas dans l’offre Netflix, qu’il s’agisse de séries telles que Family Business,  Plan Coeur, Osmosis (adaptée d’une web série d’Arte) ou encore Marianne ou de films de fiction ou documentaires Les Goûts et les couleurs, Banlieusards, La terre et le sang etc.  

On peut noter qu’entre 2016 et 2020, les investissements des plateformes se concentrent principalement sur les séries (74%) mais intègrent aussi les films (9%), documentaires (3%) et l’animation (13%). 

Au delà de leur volonté, les plateformes vont être contraintes d’un point de vue réglementaire d’investir dans les contenus français et européens.

Les plateformes en ligne devraient être bientôt obligées de participer au financement de la création, au même titre que les chaînes de TV, selon la loi audiovisuelle prévue pour janvier 2020, et investir a minima 16 % de leur chiffre d’affaires en France dans la production d’oeuvres françaises et européennes dans le cadre de la directive sur les services de médias audiovisuel. De la même manière les plateformes devront au moins diffuser 30 % d’œuvres européennes (financées par eux ou achetées à d’autres acteurs).

Par ailleurs, toujours afin de favoriser les investissements, les plateformes de SVOD sont soumises à des régimes différents relativement à la chronologie des médias selon entre autre qu’elles investissent ou non dans la production française et européenne. Ainsi un opérateur peut bénéficier de fenêtres de diffusion plus rapprochées (30 ou 17 mois après la sortie en salle d’un film) en cas d’accord avec les organisations professionnelles du cinéma  et si certains engagements sont respectés (financement de la création française et européenne, valorisation des œuvres sur les pages du service, être à jour avec les règles fiscales, diversité des investissements, etc.). En outre l’exécutif a demandé aux partenaires sociaux de réviser à nouveau la chronologie des médias, et d’entrer en pourparler avec les plateformes, au plus vite afin de mettre en oeuvre la réforme à venir transposant la directive service media audiovisuel.

Au vu de ce qui précède, il apparaît donc intéressant pour les producteurs français de considérer les plateformes SVOD, à la fois en acquisition mais également en préfinancement, bien que à ce jour les modalités contractuelles de ces plateformes contredisent l’économie classique du secteur qui reposait sur la constitution de catalogues, ce surtout lorsqu’elles interviennent en préfinancement. Pour négocier au mieux ces accords, le recours à un cabinet spécialisé est fortement recommandé.

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